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Spécialité Lettres, arts, pensée contemporaines

Parcours Littérature, histoire et société

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Présentation

Notre parcours propose d’envisager la littérature française depuis ses origines, dans son rapport à l’Histoire et aux évolutions majeures de la société. Pour étudier conjointement l’inscription historique des formes littéraires et l’écriture de l’Histoire dans sa dimension littéraire, il articule deux types d’enseignements. 

Les uns proposent une approche historique et critique de la littérature. On y étudie sous tous ses angles le phénomène littéraire : formes, genres, théories rhétoriques et poétiques, mouvements et milieux littéraires. On s’intéresse à la condition sociale des auteurs et des publics : stratégies de carrière, institutions littéraires, usages éditoriaux et modes de diffusion, espaces de sociabilité. Pour appréhender ces évolutions, on fait appel aux travaux des historiens et des philosophes, de manière à mettre en évidence les enjeux éthiques et idéologiques (politiques ou religieux) du travail esthétique. Nous n’oublions pas l’histoire du livre, sa naissance, ses conditions de diffusion, sa matérialité. Ces approches, dans l’esprit de Paris Diderot, s’appuient sans exclusive sur les travaux critiques modernes, avec le souci de penser une histoire de la critique littéraire. Elles n’hésitent pas non plus à se nourrir de l’apport des autres sciences humaines : anthropologie, sociologie, psychanalyse, linguistique.

L’autre domaine de nos enseignements explore la façon dont l’Histoire s’écrit, se construit, se pense, s’imagine à travers les témoignages et l’historiographie : textes des historiens, mémoires, correspondances, journaux, biographies et autobiographies, etc. Mais il s’agit aussi de comprendre comment l’Histoire travaille et irrigue les œuvres littéraires ou cinématographiques, et tous types de documents susceptibles d’une analyse attentive aux faits de langue.

Notre parcours invite donc à croiser un regard historique sur la littérature et un regard littéraire sur l’Histoire, de manière à saisir leurs évolutions. Cette ambition est favorisée par la présence dans notre équipe de spécialistes de l’Antiquité, du Moyen âge, de la Renaissance, de l’Age classique, des Lumières, du XIXe siècle et de l’époque contemporaine. Il nous importe de poser les bases d’une histoire de la littérature française dans sa continuité, mais en la soumettant constamment à des méthodes innovantes.

Enseignements

Contenu de la formation

COURS de M1 / S1

Jeudi  10h-12h

Pascal DEBAILLY, 
Anne PAUPERT,
Maxime PIERRE

Discours des corps de l’Antiquité au XVII e  siècle

 

Le thème de ce cours est en prise directe avec l’axe de recherche actuel de la composante du CERILACLittérature et sciences humaines de l’Antiquité aux Lumières.
Par discours des corps, il faut entendre à la fois les discours qui émanent des corps et les discours sur les corps : inscription du corps du locuteur dans l’énonciation, description des corps comme symptômes de phénomènes psychiques ou moraux, corps souffrant, corps polémique, agresseur ou agressé, corps de l’acteur, corps adulés, érotisés, méprisés… Cette dénomination synthétique permet d’éclairer la littérature grâce à l’apport des sciences, par exemple de la médecine, et inversement de travailler en littéraires sur des corpus ordinairement considérés comme techniques ou scientifiques. On peut ainsi mettre en évidence la part de la rhétorique et de la poétique dans les traités purement scientifiques, mais aussi réfléchir sur la sémiologie corporelle des phénomènes psychiques ou moraux, la misogynie, l’émergence littéraire du désir féminin, la catharsis comique, le lyrisme et la voix, l’anthropologie des passions et des péchés capitaux, l’anthropomorphisme, la parrêsia… Cette réflexion sur les discours des corps s’appuie en outre sur l’iconographie et toutes les formes d’illustration.
Ce parcours comprendra quatre temps. On essaiera d’abord de comprendre la portée des enjeux du corps dans l’Antiquité gréco-romaine, notamment grâce aux apports de l’anthropologie. Dans un second temps, on mettra les problématiques du cours à l’épreuve du Moyen Âge, en s'intéressant plus particulièrement au corps féminin, au corps amoureux et au corps comique. La troisième partie, consacrée à la Renaissance, se focalisera sur les Essais de Montaigne, une entreprise de réévaluation du monde et de la pensée à partir du corps de l’énonciateur. Dans un dernier temps, on s’intéressera au corps libertin au XVIIe siècle, de Théophile de Viau à La Fontaine.

    L’Antiquité (Maxime Pierre)
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  • Le Moyen Âge (Anne Paupert) La Renaissance (Pascal Debailly) L’Âge classique (Pascal Debailly)
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Bibliographie
Juvénal, Satires.
Martial, Épigrammes Le Livre de la Cité des Dames de Christine de Pizan ; quelques fabliaux ; extraits de textes divers (didactiques, satiriques et polémiques, poèmes...) ; Le corps et ses énigmes au Moyen Âge, dir. B. Ribémont, Orléans, Paradigme, 1993.
J. Le Goff et N. Truong, Une histoire du corps au Moyen Âge, Paris, éd. Liana Levi, 2003.
J-Cl. Schmitt, La raison des gestes dans l'Occident médiéval, Paris, Gallimard, 1990.
Montaigne, Les Essais.
Théophile de Viau, Poésies.

Modalités d’évaluation : une seule note. Examen terminal écrit.

COURS de M1 / S2
Mercredi 11h-13h

                Raphaël CAPPELLEN,
Claude MILLET,
Emmanuelle VALETTE

Littérature et histoire : Le souverain monstrueux

L’histoire, écrit Victor Hugo, est une « galerie de monstres ». On explorera cette galerie, de l’Antiquité? aux mondes contemporains, pour en retenir quelques images, entre légende et histoire, afin d’interroger les traits de monstruosité?, anormalité?, déviance, pathologie associées a? la figure du tyran et de comprendre comment se construit la représentation du souverain monstrueux dans la mise en récit de l’Histoire et quels sont les enjeux politiques de cette représentation.

    Antiquité (Emmanuelle VALETTE)
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Nous verrons comment la tyrannie, réalité politique des cités grecques de l’époque archaïque, a donné forme à un type, « le tyran », dont les traits caractéristiques sont développés à la fois dans l’écriture de l’histoire de ces cités (Hérodote, Xénophon, Diodore de Sicile) et dans la philosophie morale et politique de Platon et d’Aristote. Nous analyserons ensuite comment Suétone fabrique, dans les Vies des XII Césars, les portraits de certains empereurs honnis – Caligula, Néron, Domitien – et comment la description de leur comportement lui permet de transformer ces figures historiques en archétypes. Enfin, nous montrerons comment les compilateurs de l’Antiquité tardive et les historiens d’époque médiévale ont largement contribué à forger la « légende noire » entourant la figure de Néron.

    XVIe et XVIIe siècles (Raphaël Cappellen)
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Seront envisagées les représentations du tyran dans la pensée politique des évangéliques, à travers divers textes d'Érasme (Éloge de la FolieAdages...) et de Rabelais (Picrochole, l'opposition entre les rois Démovore et Évergète dans le Tiers Livre ou la galerie des monstres du Quart Livre). La connaissance de l'histoire antique sert de grille de lecture aux hommes de la Renaissance et du XVIIe pour imaginer et comprendre les diverses facettes du mauvais prince. Nous analyserons ensuite comment La Boétie pense une double aberration, celle du tyran et du peuple soumis. Pour finir, le XVIIe siècle sera abordé sous l'angle des passions déréglées du souverain monstrueux, dans la tragédie classique en particulier (Britannicus notamment).

    XVIIe-XXe siècles (Claude MILLET)
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Après avoir envisagé la question du despote oriental (à travers Bajazet de Racine, L’Esprit des lois de Montesquieu et des poèmes des Orientales et  de La Légende des siècles de Hugo), nous questionnerons le glissement du tyran de la monstruosité à l’anormalité dans les représentations du XIXe siècle (à travers l’étude de textes de Hugo encore, et de Zola, ainsi que de la représentation iconique des souverains, et en exploitant la thèse du séminaire de Foucault sur Les Anormaux) et l’émergence (à travers Tocqueville) de la hantise d’un « despotisme doux », celui d’une administration étatique toute puissante. Cela avant de consacrer, dans le prolongement de ces analyses, une dernière séance au débat sur la « banalité du mal » nazi qui opposa par livres interposés Hannah Arendt (Eichmann à Jérusalem) et Norman Mailer (Un Château en forêt).

La brochure des textes et images correspondant a? chaque cycle de séances sera fournie a? la rentrée par chaque enseignant en début de cours. 

Bibliographie
Un recueil sera distribué en début de semestre.
NB : Lacombe Lucien sera supposé visionné. Une séance pourra être organisée.

Modalités d’évaluation : un examen sur table en fin de semestre.

 

 

 

 

 

Séminaire M1-M2 / S1-S3
Lundi 17H30-19H30
Sophie LUCET,
Stéphanie SMADJA


Monologuer : pratique littéraire et théâtrale
Stylistique, littérature, théâtre XIXe – XX e siècles 

Qu’est-ce qu’un « monologue » ? Quelles sont les conditions nécessaires pour qu’un monologue surgisse ? Du monologue de théâtre au monologue des « fous », en passant par le monologue intérieur, le monologue des marginaux, le monologue des enfants, la psychanalyse même comme forme de monologue, existe-t-il des critères de définition communs ou ces formes divergent-elles radicalement ? Comment peut-on les décrire, en tant que configuration langagière et manifestation d’une subjectivité à l’œuvre ? Les questions suscitées par les monologues sont multiples. Le monologue interroge l’homme dans son rapport à soi, au langage et aux autres. Par exemple, dans le domaine littéraire, le terme « monologue » a été utilisé pour désigner le monologue de théâtre et le monologue intérieur. La première caractéristique de ce double emploi d’un même terme est suggérée par la nécessité d’adjoindre des caractérisants. À partir du moment où les deux formes ont coexisté sur la scène littéraire (soit depuis les années 1920), on ne peut plus parler de « monologue ». Il faut ajouter une précision à travers un complément du nom « de théâtre » ou un adjectif « intérieur ». En effet, du monologue au théâtre au monologue intérieur, la différence est nette et a suscité de nombreux débats dès les années 1920. Le premier point que l’on puisse souligner est la divergence entre les deux formes. Cependant, au-delà de cette divergence, on retrouve des enjeux communs : le monologue est en réalité (toujours) une forme dialogique où le je se confronte à lui-même et aux autres, dans une polyphonie vécue parfois comme plus ou moins aliénante.
Une perspective pluridisciplinaire permet à la fois de mieux saisir la spécificité de chacun des monologues et de les penser les uns par rapport aux autres, au travers une circulation féconde des savoirs et des outils conceptuels.
Par exemple, les réflexions consacrées par Anne Ubersfeld au monologue de théâtre  pourraient être en partie élargies à bien d’autres formes de monologues. A. Ubersfeld met bien l’accent sur une forme de communication qui emprunte des modalités spécifiques mais qui ne se résume pas à un rapport du « je » à lui-même. La conscience individuelle s’explique et s’expose au regard d’autrui. Le « je », se dissociant, s’adresse à lui-même mais aussi à un autre. Ou pour le dire autrement, le « je » s’adresse à des autres, qui sont et qui ne sont pas lui. 
Le monologue peut-il être pensé comme un dialogue biaisé, qui est l’aveu fondamental (et parfois déchirant) d’une solitude ? De ce point de vue, le monologue serait révélateur de ressorts psychiques fondamentaux mais aussi, plus généralement, de la condition humaine. Le monologue représente une constante dans les formes que prenne le discours humain, parce que l’homme est cet être enraciné dans sa propre finitude, qui naît et meurt seul.

Éléments bibliographiques

PSYCHOLOGIE
NELSON, K. Narratives from the crib. Harvard University Press, 1989.
VYGOTSKY, L. Thought and Language. Cambridge, Mass: MIT Press. 1962 (original version 1934).
WEIR, R. Language in the crib. The Hague: Mouton. 1962.

PROSE NARRATIVE
BANFIELD, K., Phrases sans parole, théorie du récit et du style indirect libre (1982), Paris, Seuil, 1995.
BERGOUNIOUX, G, Le Moyen de parler, Paris, Verdier, 2004 ; La Parole intérieure, Langue Française, n° 132, décembre 2001.
COHN, D., La Transparence intérieure. Modes de représentation de la vie psychique dans le roman (1978), traduit de l’anglais par Alain Bony, Paris, Seuil, Poétique, 1981.
GIRARDEZY-MILEZ, B., Langage de l'intime et voix de l'intérieur, thèse soutenue à l'université Paul Valéry de Montpellier sous la direction de Michel Collomb, en 2010, accessible en ligne : http://www.theses.fr/2010MON30033/document

PHILOSOPHIE
BIARD, J. (sous la dir de), Le Langage mental du Moyen Âge à l'âge classique, Louvain, Peeters, 2009.
CHRÉTIEN, J.-L., Conscience et roman, Tome 1 La Conscience au grand jour et Tome 2 La Conscience à mi-voix, Paris, Édition de Minuit, 2009 et 2011.

THÉÂTRE
Pratiques du discours solitaire au théâtre, Etudes réunies et présentées par Françoise Dubor et Christophe Triau , Poitiers, La Licorne, n° 85, 2009, 307 p.
Le Monologue contre le drame ?, Etudes réunies et présentées par Françoise Heulot-Petit et Françoise Dubor, Rennes, P.U.R., 2011.
THOURET Clotilde, Seul en scène, Le monologue dans le théâtre européen de la première modernité (1580-1640), Genève, Droz, coll. Travaux du Grand Siècle, 2010, 432 p.

Modalités d’évaluation : 
L’évaluation du séminaire se fera uniquement en contrôle continu et prendra la forme, au choix, d’un exposé ou d’un court dossier.
Séminaire M1-M2 / S1-S3
Mardi 10h-12h

Jean VIGNES

Figures du poète dans le texte poétique

 

Qu’est-ce que la Poésie ? Qu’est ce qu’un Poète ? D’Homère à Léo Ferré, en passant par Du Bellay, Ronsard, La Fontaine, Chénier, Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé, Apollinaire, Breton (pour s’en tenir à quelques figures emblématiques), les représentations du poète, la nature propre du verbe poétique et les fonctions qu’on lui prête font l’objet de débats passionnés, mis en scène avec éclat dans les textes poétiques eux-mêmes. Pour éclairer ces lignes de fracture et en mesurer les enjeux, on fera notamment comparaître quelques couples notionnels féconds, parce qu’objets de controverses : poète et orateur, poète et prosateur, poète et versificateur, poète et prophète, poète et historien, poète et  musicien, poète et prince, poète et courtisan, poète et joueur de quilles…

Dans le cadre d’exposés oraux ou de dossiers rédigés les étudiants seront invités à repérer et à comparer les figures du poète et les représentations de la poésie dans des textes poétiques et/ou théoriques d’époques variées.

 

Modalités d’évaluation : exposé oral ou dossier de recherche en rapport avec le sujet du séminaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Séminaire M1-M2 / S1-S3
Mercredi 10h-12h

Jacques-David EBGUY,
Paule PETITIER

Atelier d’édition critique

 

Ce séminaire propose une initiation aux principes et aux méthodes de l’édition critique (présentation et annotation d’un texte littéraire) à partir d’un travail collectif sur une œuvre du XIXe siècle, en l’occurrenceMadame Meuriot (1890), de Paul Alexis, roman qui réécrit Madame Bovary de Gustave Flaubert. En même temps qu’une mise en pratique des recherches requises par la tâche d’annotateur et d’exégète d’un texte du passé, le séminaire sera l’occasion d’une réflexion ouvrant sur la poétique romanesque et l’histoire littéraire : qu’est-ce que réécrire un grand texte ? Qu’en est-il de la puissance fondatrice d’une œuvre majeure ? Comment l’esthétique réaliste a-t-elle évolué au cours du XIXe siècle ? L’œuvre retenue pose également des questions intéressantes sur les rapports du roman et des savoirs au XIXe siècle : comment la littérature contribue-t-elle à construire une science des mœurs et des institutions ? Dans le cas de Madame Meuriot, comment le roman participe-t-il d’une réflexion historique, sociologique et anthropologique sur la famille, la vie privée et le mariage ?

Paul Alexis, Madame Meuriot, 1890 (disponible en ligne sur le site Gallica).

 

Bibliographie indicative : 
Philippe ARIES, Georges DUBY (dir.), Histoire de la vie privée. t. IV : de la Révolution à la Grande Guerre, Paris, Editions du Seuil, « Points histoire », 2000. 
Claudie BERNARD, Penser la famille au XIXe siècle (1789-1870), Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2007. 
Jean-Claude BOLOGNE, Histoire du mariage en Occident, [1995], Hachette Littératures, « Pluriel », 1997. 
Michel FOUCAULT, Histoire de la sexualité, vol. III, [1984], Gallimard, « Tel », 1997. 
Michael LUCEY, Les Ratés de la famille. Balzac et les formes sociales de la sexualité, [2003], Fayard, 2008.

Modalités d’évaluation : contribution au travail collectif à déterminer en début de semestre.

 

 

Séminaire M1-M2 / S2-S4 
Mercredi 15h-17h

Pascal DEBAILLY

Éros et catharsis comique (Suite) : 
Rire et théâtralité chez Molière et Georges Feydeau

 

Nous avons en 2013 comparé les deux univers comiques en les approfondissant sous l’angle de l’hystérie. En 2014, nous avons continué notre réflexion sur l’hystérie comique en nous concentrant sur la faillite desmédiations traditionnelles à travers le thème de l’argent : institutions sociales et religieuses, idéalisme du sentiment, imaginaire et métaphore. Dans L’Avare de Molière et dans Le Système Riabadier de Feydeau, nous avons réfléchi sur la perversion des modalités de l’échange et du don. Nous avons tenté de comprendre comment ce dysfonctionnement crée le comique. 

Nous poursuivrons nos analyses en 2015 en nous penchant sur la relation entre rire et théâtralité, à partir des questions du sacrifice, de la fête dionysiaque et du théâtre dans le théâtre

Notre méthode d’approche vise à forger des instruments critiques pour aborder la question du comique et du rire, à comprendre aussi certaines formes particulières du rire comme le rire collectif, le rire sacrificiel, le fou rire, le rire du bébé et de l’enfant… 

         
Bibliographie de base
BATAILLE, Georges, L’Érotisme, Paris, Minuit, 1957.
FEYDEAU, Georges, Théâtre complet, éd. H. Gidel, Paris, Classiques Garnier, 2011 (4 t.).
GIDEL, Henry, Le Théâtre de Feydeau, Paris, Klincksieck, 1970.
GIRARD, René, La Violence et le sacré, Paris, Hachette, 1998.
HEYRAUT, Violaine, Feydeau, la machine à vertiges, Paris, Classiques Garnier, 2012.
MAURON Charles, Des Métaphores obsédantes au mythe personnel, Introduction à la psychocritique, Paris, José Corti, 1988 ; Psychocritique du genre comique, Paris, José Corti, 1982.
MAUSS, Marcel , Œuvres, éd. Victor Karady, Paris, Minuit, 1968.
MOLIÈRE, Théâtre complet.
 
Modalités d’évaluation : Rédaction d’un travail personnel de réflexion d’une dizaine de pages à partir des œuvres étudiées et de l’une des notions analysées pendant le semestre.

 

 

 

 

Séminaire M1-M2 / S2-S4
Lundi 15h-17h

Carine TREVISAN

Littératures carcérales

Ce séminaire propose une lecture de textes de natures et d’époques différentes, mais qui témoignent tous d’une expérience semblable : celle d’un contact avec la menace de son propre anéantissement, physique ou psychique, dans le contexte de l’emprisonnement. Dans le prolongement de la réflexion de Foucault dansSurveiller et punir, nous nous interrogerons sur les formes et les fonctions d’écrits issus de sujets placés sous surveillance, soumis à l’exercice d’un pouvoir, d’une puissance qui les enveloppe et les saisit. Le corpus d’étude portera sur des écrits qui se trouvent en marge de la littérature (graffitis, tatouages corporels), mais dont la littérature se nourrit, ainsi que sur des textes reconnus, d’œuvres fondamentales de la littérature carcérale. Œuvres de témoignage, de protestation, d’invention d’une résistance littéraire face à une expérience du dénuement, d’une mise à l’épreuve radicale de la “vie de l’esprit”, pour reprendre les termes d’Hannah Arendt.

Bibliographie provisoire
E. de Goncourt, La Fille Elisa.
A. Koestler, Dialogue avec la mort.
S. Zweig, Le joueur d’échecs.
H. Calet, Les Murs de Fresnes, 1945.
Jean Zay, Souvenirs et solitude.
Geneviève de Gaulle, La Traversée de la nuit.
D. Chacon, Les voix endormies.
A. Koestler, Le Zéro et l’infini.

 

Modalités d’évaluation : un dossier maison obligatoire et un oral (facultatif). 
Séminaire M1-M2 / S2-S4
Jeudi 14h-16h

Claude MILLET,
Paule PETITIER

La fin de l’histoire

 

Au « siècle de l’histoire », comme s’est baptisé le XIXe siècle, les réflexions sur le sens du devenir n’ont pas manqué de soulever la question de la fin de l’histoire – que celle-ci soit entendue comme le but ultime vers lequel tend l’évolution des sociétés ou comme la catastrophe, provoquée ou non par l’action humaine, qui viendrait interrompre brutalement le cours de la civilisation voire l’existence du monde.

Le séminaire examinera les différentes versions de cette « fin de l’histoire » telle que l’ont pensée et représentée les auteurs du XIXe siècle, écrivains, historiens et penseurs. Il envisagera aussi les problèmes que pose l’écriture de la fin d’un récit ou d’un drame historique. En effet le dénouement ou la clausule d’une œuvre qui figure l’histoire rencontre forcément des questions liées à la manière dont on marque formellement et intellectuellement un terme, fût-il partiel, au sein d’un processus a priori sans fin : le continuum du devenir.

 

Bibliographie indicative :
Charles Baudelaire, Œuvres complètes.
Victor Hugo, La Légende des siècles. Première série  [1859], éd. Cl. Millet, Le Livre de poche ; Les Burgraves[1843].
Jacques Le Goff, Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ? Le Seuil, 2014.
Jules Michelet, Histoire de France, tome IV [1840], éd. P. Petitier, Éditions des Équateurs, 2008.
Rosny Aîné, La Mort de la Terre [1910].
Mary Shelley, Le Dernier Homme [1826], éd. Folio.

Modalités d’évaluation : dossier sur le thème du séminaire.

Séminaire M1-M2 / S2-S4
Jeudi 10h-12h

Amandine MUSSOU,
Anne PAUPERT

L’invention de l’amour ? Réinterprétations critiques de la fin’amor du XIIIème siècle à nos jours

                On a souvent dit que les troubadours avaient inventé l’amour. Cette « invention » médiévale est celle de la fin’amor, baptisée de manière anachronique amour courtois. Elle est aussi, et d'abord, l'invention d'un nouveau discours amoureux, repris par les poètes et romanciers des XIIe et XIIIe siècles en France et dans toute l'Europe sous des formes diverses, qui ont durablement marqué les sensibilités et les littératures du monde occidental.Ce séminaire propose d’étudier la réception du modèle de la fin’amor dans la littérature française du XIIIe siècle à nos jours. Peu de temps après son apparition, cette éthique amoureuse suscite des réappropriations et des remises en cause qui en signalent toute la richesse. En partant de Stendhal, nous évoquerons brièvement les sources les plus anciennes — poèmes, traités, romans médiévaux, Roman de la Rose — avant d'étudier quelques œuvres de la fin du Moyen Âge qui mettent en question ce modèle (Christine de Pizan et Alain Chartier, notamment). D’autres œuvres postérieures (comme La Princesse de ClèvesLes Liaisons Dangereuses et d’autres textes d’inspiration libertine, La Nouvelle Héloïse…) pourront être abordées de façon ponctuelle au long de ce parcours, en fonction des intérêts des participants. Nous nous attacherons plus particulièrement à certaines résurgences modernes et contemporaines dans un corpus de textes de fiction et d'écrits théoriques, ainsi que dans d’autres arts.

Bibliographie indicative

À lire en introduction :
L'article « Amour courtois » (par D. Régnier-Bohler) dans le Dictionnaire raisonné de l'Occident médiéval, dir. J. Le Goff et J.?Cl. Schmitt, Paris, Fayard, 1999.
Amours plurielles. Doctrines médiévales du rapport amoureux, de Bernard de Clairvaux à Boccace, R. Imbach et I. Atucha (éd.), Seuil, coll. « Points – Essais », 2006 (extraits et présentation).
Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux, Paris, Seuil, 1977 (références en marge à la cortezia).
Julia Kristeva, Histoires d'amour, Paris, Denoël, 1983 (chapitre « Les troubadours : du "grand chant courtois" au récit allégorique »).
Stendhal, De l'amour (livre II, ch. LI et LII : « De l'amour en Provence... » et Appendix [sic], sur les « cours d'amour » et André Le Chapelain).

Œuvres médiévales :
André le Chapelain, Traité de l'amour (courtois) (Tractatus de Amore, fin du XIIe s.), C. Buridant (trad..), Paris, Klincksieck, 1974.
Christine de Pizan, Le Livre du duc des vrais amants (1403?1405), D. Demartini et D. Lechat (éd.), Paris, Honoré Champion, 2013 ; extraits d'autres œuvres de Christine de Pizan.
Le Cycle de la Belle Dame sans mercy (Alain Chartier, Baudet Herenc, Achille Caulier) (XVe siècle), D. Hult et J. E. McRae (éd.), Paris, Honoré Champion, 2003.

Œuvres modernes :
Florence Delay et Jacques Roubaud, Graal Théâtre, Paris, Gallimard, 1977-1981 (pièces V, Lancelot du Lac, VI, L'enlèvement de la Reine et X, La Tragédie du Roi Arthur).
Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande, ainsi que l’opéra de Claude Debussy.
Kaija Saariaho, L'amour de loin, opéra, sur un livret  d'Amin Maalouf, créé en 2000.
Réinterprétations romantiques et modernes de l'histoire de la Demoiselle d'Escalot (extraits).

Une bibliographie détaillée sera donnée en début de séminaire.

Modalités d'évaluation : un exposé ou un travail écrit (une dizaine de pages) portant sur un sujet au choix, à déterminer avec les enseignantes, en rapport avec le thème du séminaire.


Anne Ubersfeld, Lire le théâtre III. Le dialogue au théâtre, Paris, Belin, Lettres sup, 1996, p. 21-26.

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