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Tutorat : pourquoi pas ?

Non, l’université n’est pas une traversée du désert en solitaire. Au contraire, des systèmes existent afin de proposer une aide aux étudiant.e.s en difficulté. Parmi eux, le tutorat, programme d'entraide qui sert aussi bien les tutoré.e.s que les tuteurs.trices, mis en place dans plusieurs UFR de Paris Diderot. Découvrez les témoignages des acteurs et actrices de cette solidarité étudiante.


À l'université, le principe est généralement le même : des étudiant.e.s (en L3 minimum) donnent de leur temps pour venir en aide à d’autres, souvent plus jeunes, dans leurs devoirs, pour la méthodologie ou des questions d’orientation. La forme, elle, est libre. Ainsi, aucun des tutorats existants dans certaines UFR de l’université (Médecine, Chimie, Études anglophones) n’est identique. Pourtant, entre tuteurs, responsables et tutorés, les témoignages convergent. Mais alors, c’est quoi le tutorat ?
 

Une démarche volontaire

Nul besoin de concertation pour que les témoins, de Bichat à Olympe de Gouges, soient unanimes : le tutorat s’inscrit dans une démarche volontaire et libre, pour le.la tutoré.e comme pour le.la tuteur.trice.

« Liberté de s’organiser comme ils le souhaitent », dit Krystel Thaï, étudiante et présidente du Tutorat Santé ; « démarche spontanée », décrit Ariane Hudelet, maître de conférence et responsable du Tutorat en Études anglophones... Bref, « le tutorat ne doit pas être pas une contrainte » pour ceux qui en ont besoin, explique cette dernière. Se présenter, demander de l’aide, assister aux sessions librement relève de sa propre volonté et lui permet de rester maître de son temps, mais aussi de son implication. L’apprentissage de l’autonomie commence par là.

Les tuteurs.trices s’engagent de manière plus officielle. Ils.elles sont recruté.e.s par le bureau ou le.la responsable du tutorat, sur dossier et/ou pour leur motivation, et peuvent  être rémunéré.e.s, selon le mode de fonctionnement. Leur démarche n’en reste pas moins personnelle. Christophe Dang, étudiant en deuxième année de médecine, a voulu être tuteur pour « remercier le tutorat qui [l]’avait aidé en première année, éviter à d’autres qu’[il] ne fassent les mêmes erreurs que [lui] et satisfaire [son] envie de [s]’impliquer dans la vie de la faculté. »

 

Un accompagnement bénéfique aux tutoré.e.s…

Le tutorat propose deux types d’accompagnement : pédagogique et moral. Les tuteurs proposent des sessions à la durée variable selon les besoins, lors desquelles ils aident l’étudiant.e à comprendre un point, un exercice, une correction, à assimiler la méthodologie, à s’entraîner à un exposé, un entretien… En médecine, le tutorat est une véritable préparation aux concours : on organise des concours blancs, on met les cours en ligne, on les tient à jour. Tous soulignent toutefois que « le tutorat ne fait pas de miracle », ni « le travail à place de l’étudiant.e ». D’où l’importance de la volonté du.de la tutoré.e.

On attend aussi du tuteur qu’il apporte « un soutien personnel », ajoute Doriane. Entre parrains et marraines qui dispensent leurs derniers conseils avant les concours et réponses aux questions d’orientation ou de ré-orientation, le.la tuteur.trice représente un point de référence dans l’avenir : il.elle a déjà un certain recul sur les premières années, les a vécues, a acquis une connaissance des offres de formation, des enseignant.e.s.

 

…Comme aux tuteurs.trices

Le système a l’avantage de servir aussi ceux ou celles qui dispensent leurs connaissances, comme le démontre François Labatut, préparationnaire à l’agrégation : « le tutorat me permet de voir ce que je pouvais donner dans un cadre non formel avant l’agrégation : c’est l’occasion d’une première expérience pédagogique. C’est aussi un bon moyen de réviser les bases. »

 

Un autre regard sur l’université

Alors que les étudiant.e.s universitaires souffrent parfois du manque d’interactions avec leurs enseignant.e.s, l’intérêt du tutorat est aussi de proposer « un suivi personnel pas forcément possible en cours dans un cadre détendu, informel », explique Ariane Hudelet. A travers ce cadre informel, les étudiant.e.s ont l’occasion de se rencontrer, de partager : « ils viennent nous saluer, nous parler, nous demander ce que l’on fait, nos expériences de stage ainsi que des conseils pour l’avenir », raconte Doriane Heimburger. Et d’ajouter : « en aucun cas, le tuteur ne peut être un enseignant.e car le but est de créer un lien entre ce premier (jeune et donc plus facilement abordable) et le tutoré. C’est cette relation qui permet de cerner les difficultés des étudiants et de les résoudre. »

C’est enfin la possibilité d’une autre vision des choses. Qu'un.e étudiant.e qui en accompagne un autre offre un nouveau point de vue, différent de celui de l'enseignant.e. François Labatut reconnaît que c’est ce qui lui a parfois manqué.

Et ça fonctionne. Doriane cite des retours d’étudiant.e.s tutoré.e.s satisfaits du résultat : « Certains nous remerciaient, cela donnait l’impression de leur avoir été utiles. » Comme l’explique Binta Diallo, doublante en PACES (tutorée et référente tutorat à la fois), le « sert à toutes et à tous et constitue engagement pour soi et pour les autres. »

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Tutorat et handicap

Le Relais handicap recrute chaque année des étudiants tuteurs pour l’accompagnement pédagogique des étudiants en situation de handicap.