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« On s’amuse en faisant des maths ! »

La 19e édition du Salon des Jeux Mathématiques a eu lieu du 24 au 27 mai sur la place Saint-Sulpice. Pour Mathilde Herblot, enseignante-chercheuse en mathématiques à Paris Diderot, ce salon a pour objectif de révéler la dimension ludique, souvent ignorée, des mathématiques.

Organisé par le Comité International des Jeux Mathématiques avec la participation de chercheurs venus des quatre coins de la France et même d’autres pays (ce qui en fait un événement unique), ce salon propose chaque année jeux, stands, concours, exposés, spectacles et conférences sur le thème « Mathématiques et Mouvement ».
 

Qu’y trouve-t-on ?

Avec environ 25 000 visiteurs, dont 500 scolaires, et 300 intervenants sur 75 stands, il est animé par la convivialité et la diversité grâce à des universités, des grandes écoles, des associations (« Femmes et mathématiques »), des librairies, des magasins de jeux... Son ambition est de « faire du public un des principaux acteurs du salon ». Sur celui de l’université, nous avons proposé des manipulations permettant d’expliquer le théorème de Pythagore, des cartes avec des chiffres permettant, comme par magie, de trouver votre date de naissance, un tournoi de calcul mental, ainsi qu’un café-chercheur (le samedi et le dimanche après-midi) et d’autres activités pour tous les niveaux et les âges. Les intervenants ont pour objectif de changer l’image des mathématiques par le jeu et l’émerveillement, de montrer leur omniprésence, leur universalité, leurs dimensions culturelle et sociale. Une autre vision des mathématiques se dessine alors, y compris pour les enseignants-chercheurs.
 

Quelle est la raison d’être de ce salon ?

C’est ce fameux dialogue science-société qu’il s’agit de favoriser dès le plus jeune âge : « Le but est de partager notre plaisir de faire des mathématiques et de proposer des activités variées, inhabituelles et amusantes. Souvent, on pense que les mathématiques sont figées, alors qu’elles sont très vivantes et très actuelles ! Chaque année, beaucoup d’enfants et de familles participent. Plus tôt on intéresse les enfants, plus on leur fait découvrir de choses différentes et plus ils pourront choisir la voie qu’il leur plaît. On veut leur donner envie, susciter des vocations. Les enfants sont plus volontaires que leurs parents, qui n’osent pas y réfléchir, rebutés, car ils y associent la difficulté.» Les comportements sont également différents entre filles et garçons, les seconds étant souvent plus confiants. Les activités veulent alors rendre accessible à tous cette discipline.
 

Quelles activités y étaient proposées ?

« Parfois, on les invente. Pour ma part, j'ai proposé par exemple un jeu à « stratégies gagnantes », sur une tablette de chocolat dont un carré est… empoisonné. Plusieurs activités touchent à des questions pratiques ou quotidiennes : par exemple, comment replier une carte routière ? Ce n’est pas si évident. Ou encore, si j’attache une chèvre à des piquets à l’aide de cordes, je peux me demander quelle surface elle va brouter et répondre, grâce aux maths. » Les recettes de cuisine offrent également un excellent exemple d’applications inconscientes des mathématiques. En outre, le thème du salon, assez large, témoigne de cette dimension pratique, puisque, dans les mondes scientifique et même artistique, comme dans les mécanismes de la vie, tout, absolument tout, est mouvement.
 

Quelle intecraction votre activité de recherche ?

Cet effort est aujourd’hui important pour la visibilité du monde universitaire. Ce salon est notamment l’occasion de découvrir les différents parcours du master de mathématiques de l’université et leur transdisciplinarité, peu connue. Y sont enseignées les mathématiques fondamentales et appliquées, la logique, l’informatique, la cryptographie ou la modélisation aléatoire. Il existe également le master MEEF (pour l’enseignement) et le master en ISIFAR (Ingénierie Statistique et Informatique, de la Finance, de l'Assurance et du Risque). « Ce salon est aussi l’occasion de parler de nos métiers et de nos domaines ; de discuter et de répondre au public sur les métiers, les études et le rôle des mathématiques. D’ailleurs, on a l’habitude de collaborer avec ces  partenaires pour populariser les maths. Ça fait partie intégrante de notre travail et on s’amuse ! »

Retour en vidéo sur le salon des jeux mathématiques 2018

 
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