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La nouvelle formule de la PACES

L’UFR Médecine de Paris Diderot expérimente cette année une nouvelle organisation de la PACES, qui met fin au redoublement de la première année de médecine. 

Le 12 septembre, les 2 088 étudiants inscrits à la première année commune aux études de santé ont découvert les nouvelles règles du jeu de la PACES. Jusqu’à l’an dernier, la plupart des étudiants de première année savaient qu’il y avait une forte probabilité qu’ils redoublent avant de décrocher le concours. Cette année, la donne change. La réforme prévoit l’absence de possibilité de redoublement de la première année de médecine. Ils ont également appris que les néo-bacheliers se verront attribuer 2/3 des places du numérus clausus (soit environ 220 places en filière médecine). « Auparavant, seul un tiers l’obtenait dès le premier essai. Ce taux de deux tiers permettra de s’adresser en deuxième année à des étudiants en bonne forme physique et morale, commente le Doyen, Philippe Ruszniewski. Jusqu’à maintenant, la plupart des étudiants qui accèdent en deuxième année ont suivi deux ans de préparation au concours. Ils en ressortent éprouvés et ont du mal à se remettre en route en deuxième année. J’appelle cela le « syndrome post-Paces ». Cette réforme permet d’éviter ce phénomène ».

Une autre raison a conduit l’université Paris Diderot, mais aussi Paris Descartes et Sorbonne Université à mener cette expérimentation. Dans l’ancien système, 65% des étudiants ayant redoublé leur première année de médecine ne réussissent pas le concours de la PACES. Ces derniers, soit environ 420 étudiants par an, sont dans l’obligation de se réorienter après avoir suivi deux ans d’une formation très difficile. Ils ont fourni beaucoup d’efforts et obtenu des résultats corrects, mais la règle du numerus clausus est implacable ; ils sont obligés de « repartir à zéro » en commençant une première année de licence. « Notre réflexion est partie de ce constat frappant, explique le Doyen,  Philippe Ruszniewski. La majorité des étudiants d’une promotion ne peut intégrer une filière Santé, c’est du gâchis ! ».

 

Les étudiants sont-ils gagnants ou perdants ?

La mise en place d’une telle réforme suscite toujours des craintes auprès des étudiants. Notons que l’association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) soutient officiellement ce projet porté par les trois universités et approuvé par le ministère. Les étudiants qui échoueront au concours en juin prochain ne pourront pas redoubler mais ils auront toutefois une deuxième chance d’accéder à la L2 de santé. Ils devront au préalable avoir suivi une licence de leur choix, par exemple en chimie, en biologie ou encore en sciences interdisciplinaires appliquées à la santé (SIAS)… À l’issue de la deuxième ou de la troisième année de licence, au vu de leurs résultats, ils pourront passer un oral devant un jury dans le but de reprendre des études de médecine. Chaque année, 100 places leur seront réservées.

Aux yeux de Martin Flamant, l’assesseur du Doyen, « les étudiants qui n’auront finalement pas été admis en filière santé sont ceux qui bénéficieront le plus de ce nouveau système, car ils auront entamé un vrai parcours de licence alternatif qu’ils pourront poursuivre en master ».

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Vers une autre réforme en 2020

La réforme du système de santé a été dévoilée le 18 septembre dernier. L’exécutif veut supprimer le numerus clausus dès la rentrée 2020 et le concours de fin d’année de première année de médecine. Emmanuel Macron a déclaré : « Le système restera sélectif, il n’est pas question de rogner sur l’excellence de la formation des étudiants en santé ». Le président de la République vante un nouvel appareil de formation globalement plus intelligent, moins académique et qui conduit moins au bachotage. Il a ajouté « tous les étudiants inscrits en licence pourront rejoindre en 2e, 3e ou 4e année le cursus de médecine ». 

 

LA PACEs 2018
EN Chiffres

  • 1650 étudiants néo-bacheliers + 650 redoublant
  • 610 places sont à pourvoir pour la deuxième année dont
    • 337 en filière médecine
    • 273 en pharmacie, odontologie, maïeutique et formation paramédicales (kiné, pédicurie-podologie et ergothérapie).
  • 2/3 des places du numerus clausus en médecine est attribué aux redoublants.