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Concours "Nouvelles Avancées"
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Léa Nanni sur le podium

En partenariat avec le Muséum national d’Histoire naturelle, cette 9e édition du concours « Nouvelles Avancées » – co organisée par l’ENSTA ParisTech et l’École polytechnique – a été lancée en novembre 2017. Les participants étaient invités à écrire une nouvelle de 12 000 signes maximum sur le thème des météorites. Le 29 mars dernier, un jury a remis différents prix dans les catégories suivantes : « étudiants scientifiques », « grand public » et « élèves du secondaire ». A cette occasion, trois étudiantes de Paris Diderot ont été récompensées : Julie Desriac, Jades Boches et Léa Nanni lauréate du 3e prix de ce concours « Météorites : attention chutes de pierres ! ».

« Une jeune bibliothécaire du XIXe siècle rencontre un astronome dont elle tombe amoureuse. Ce dernier lui annonce la chute imminente d’une météorite sur la ville de Paris. Les deux protagonistes vont alors devoir faire face à la fin du monde… » C’est cette nouvelle « décalée, humoristique et un peu absurde » qui a permis à l’étudiante en Master de journalisme, culture et communication scientifiques, d’arriver sur le podium.
 

Un thème qui favorise l’écriture d’imagination

Les météorites constituent un formidable réservoir d’histoires. Potentiellement, elles constituent une véritable menace : en effet, si une météorite de plus de 2km de diamètre heurtait la Terre, elle entraînerait un hiver nucléaire, voire une extinction de masse. Une hypothèse que la littérature d’anticipation exploite abondamment. D’ailleurs le format court de la nouvelle s’adapte particulièrement au genre de la science-fiction. Il est donc naturel que Léa ait opté pour ce dernier, en y ajoutant un zeste d’humour et une chute surprenante : « J’avais très envie de m’essayer au mélange des genres, le classique et la science-fiction. C’est ce qui m’a passionné lors de la rédaction de cette nouvelle. Inspirée par l’esthétique du XIXe siècle et le vocabulaire de la littérature classique, j’ai choisi de commencer la narration par un personnage féminin plutôt discret rappelant la littérature de mon enfance. Et c’est grâce aux conseils de mon professeur Erell Guillemer que j’ai eu l’idée d’y ajouter une histoire d’amour impossible entre une bibliothécaire et un astronome ». C’est dans le cadre de son cours d’atelier d’écriture que Léa a pris connaissance de ce concours. Encadrée par son professeur, elle a pu imaginer une histoire reflétant sa personnalité : « J’ai écrit une nouvelle qui me ressemble : décalée, humoristique et un peu absurde » qui lui a permis de remporter un prix dans la catégorie « étudiant scientifique » et une dotation d’une valeur de 500 euros. Léa ne cache pas sa surprise quant au résultat du concours : « J’étais déjà très étonnée de recevoir un mail m’annonçant que je faisais partie des 12 lauréats dans ma catégorie alors vous n’imaginez pas à quel point j’étais surprise lors du résultat final ». Et elle poursuit : « C’est une très belle expérience et une grande fierté ! J’aime écrire et raconter des histoires pour les autres ».
 

Une nouvelle qui allie les sciences et les arts

Autrefois appelées « pierres de lune », « pierres de tonnerre », ou encore « pierre à volcan », les météorites et leur origine ont longtemps fait l’objet de théories aussi nombreuses que fantaisistes. Léa plante son décor à l’époque du XIXe siècle en expliquant : « la culture scientifique était très peu répandue à cette époque et réservée à l’élite. Ainsi dans ma nouvelle, l’observation et la prédiction de la trajectoire exacte d’une météorite sont complètement romancées. Le héros, Emile, relève donc bien volontiers du génie au XIXe siècle. » Par ailleurs, les deux personnages principaux illustrent tout à fait l’alliance des sciences et des arts : Eugénie, une héroïne plutôt littéraire puisqu’elle exerce le métier de bibliothécaire et Emile, génie scientifique et astronome. La crédibilité de ce dernier a demandé un peu plus de travaille à Léa : « J’ai fait quelques recherches pour utiliser le vocabulaire de physique adéquat afin que mon personnage soit réaliste ». Enfin, pour la scène finale elle s’est inspirée d’une peinture célèbre du XIXe siècle : « Je ne dis pas laquelle, il faut lire ma nouvelle et deviner… c’est le jeu ! Bien entendu, c’est une nouvelle à chute au sens littéral ».

 

Les trois nouvelles lauréates de chaque catégorie seront publiées dans un recueil aux « Presses de l’ENSTA » à l’automne 2018.